Boulimie

Absorption d’une quantité importante de nourriture, épisodiquement et compulsivement.
Boulimie signifie étymologiquement faim de bœuf, et n’a pas de rapport avec le grignotage fréquent qui n’entraîne pas une absorption très importante de nourriture.

La boulimie est une véritable compulsion alimentaire, un vrai craving, qui pousse l’individu à manger presque malgré lui.
Le malade a d’ailleurs conscience que ce comportement est anormal et dangereux.
Les vomissements provoqués que le patient s’auto-inflige pour éliminer les aliments pris en excès traduisent la peur maladive qu’il a de l’obésité. Il n’est pas rare que ce tableau s’accompagne d’épisodes dépressifs.

Ce syndrome touche environ 200 000 personnes en France et plus particulièrement les femmes.
Il existe généralement une dizaine de crises de boulimie quotidiennes, mais la fréquence peut aller jusqu’à 45.
Le temps quotidien consacré à la prise alimentaire varie de une heure et demie à huit heures environ.
La quantité de nourriture absorbée est parfois phénoménale, mais varie suivant les individus.

Les analyses biologiques effectuées chez le boulimique montrent :

  • Une élévation du pH sanguin, c’est-à-dire l’apparition d’une alcalose (diminution de l’acidité) du sang à cause de l’utilisation de laxatifs, et des épisodes répétés de vomissements
  • Une augmentation des taux de la LH (hormone lutéinisante ou lutéostimuline : gonadostimuline hypophysaire stimulant la sécrétion de la progestérone chez la femme et des androgènes testiculaires chez l’homme).
  • Une diminution de la sécrétion de sérotonine et de cholécystokinine (hormone sécrétée par la muqueuse du duodénum et provoquant la contraction la vésicule biliaire). La sérotonine est un neuromédiateur (ou neurotransmetteur) retrouvé dans le processus de la douleur, possédant également une importante action vaso-constrictrice (fermeture des vaisseaux). Cette substance est sécrétée par les fibres nerveuses mais également lors de la formation du caillot sanguin, par les plaquettes qui sont des éléments présents normalement dans le sang et participant au processus de l’hémostase (arrêt spontané ou provoqué d’une hémorragie).

Complications

  • Diabète (dû à la grande quantité d’aliments sucrés absorbés)
  • Caries dentaires
  • Alcoolisme ou autre type de toxicomanie
  • Episodes de dépression nerveuse (ils semblent être plus élevés que chez les anorexiques)
  • Augmentation des gestes suicidaires
  • Fréquence élevée de troubles affectifs
  • 60 % des femmes qui souffrent de boulimie ont des troubles des règles
  • Dans les cas les plus graves, les épisodes boulimiques s’accompagnant de vomissements entraînent parfois une déshydratation (pertes importantes d’eau) et une fuite de potassium (surtout en cas d’association avec des laxatifs) se traduisant généralement par une faiblesse et des crampes
  • Des problèmes de l’œsophage et des dents liés à ces vomissements intempestifs ont également été observés.