Heroïne

L’héroïne ou diacétylmorphine est un opiacé synthétisé à partir de la morphine naturellement présente dans l’opium ( suc du pavot).
L’héroïne est proche des endorphines produites naturellement par le corps.
L’héroïne, comme les endorphines, est un dépresseur du système nerveux central.
Elle agit en « endormant » certaines fonctions du système nerveux.
Par exemple, elle ralentit la respiration.
L’héroïne est surtout recherchée pour le bien être psychique et physique qu’elle procure.

Apparence :

Elle se présente sous forme de poudre allant du beige clair au brun foncé.
On la nomme héroïne, héro, poudre, came, …

Elle est vendue en petit paquet (caps) ou emballée dans un plastique (boulette).
En France, sa concentration varie de 0 à 5 %. Cela dépend de la région d’origine, des fournisseurs, des arrivages…

Les effets

Les effets des produits dépendent non seulement de la dose, de la fréquence d’usage et du mode de consommation mais également des caractéristiques de chaque individu, de son état psychique, de sa personnalité, de son humeur, son accoutumance et de ses attentes vis a vis du produit.

L’héroïne peut apaiser la douleur morale (tristesse, angoisse), calmer la douleur physique ( c’est un antalgique), en cas de dépendance, elle supprime les désagréments du manque, elle peut procurer une sensation de bien-être physique et psychique, euphoriser tout en restant lucide, donner un sentiment de confiance en soi, de calme, d’apaisement, désinhiber, créer une sensation de chaleur agréable.

L’héroïne, en remplaçant l’endorphine, génère un sentiment de bien-être et atténue douleur et anxiété lorsqu’elle est consommée avec modération.
De plus grandes quantités entraînent le sommeil.
De très fortes doses peuvent provoquer l’arrêt de fonctions vitales de l’organisme (circulation sanguine, respiration, …).

La consommation d’héroïne peut s’accompagner outre les effets recherchés de nausées, de vomissements, de chatouillement et gratouillement, elle peut perturber les cycles du sommeil, modifier la sensation de faim, relaxer musculairement, modifier le désir sexuel soit en le diminuant, soit en l’augmentant, rétrécir les pupilles ( en tète d’épingle), être antitussif c’est a dire calmer la toux, ralentir pendant quelques heures la production de sécrétions ( absence de larmes, constipation…), retarder, voire empêcher l’orgasme.
Chez l’homme, elle peut retarder ou empêcher l’éjaculation et chez la femme perturber ou arrêter les cycles menstruelles ( mais pas la fertilité !!!) et causer une sécheresse vaginale.

Phases d’effets
L’effet du produit est rapide:
en injection: +/- 20 secondes;
en sniff: +/- 5 minutes;
en fumette: 1 à 2 minutes. 

Les étapes
La durée des effets est la même (4 à 6h), quel que soit le mode de consommation mais la perception diffère selon le mode de prise et l’individu.
1. Le flash
Lors de l’injection intraveineuse le « flash est une sensation soudaine et irradiante de chaleur, un changement d’état très rapide et bref (5 à 10 secondes), qui se produit au moment où l’héroïne irrigue le cerveau. Le flash est une montée rapide des effets tant physiques que psychiques.
2. le plateau
Période de bien-être intense, sensation de chaleur et de relaxation profonde qui peut durer 3-4 heures. Selon le témoignage d’usagers, on perçoit différemment ses problèmes, l’angoisse est calmée et l’on ressent un sentiment de paix.
3. La descente
Au cours de la descente, les effets de l’héroïne s’estompent progressivement et le besoin de dormir se fait sentir (somnolence).
Le retour à l’état « sans produit » peut être pénible pour certains usagers : fatigue et déprime, sorte de « gueule de bois ».
En cas de dépendance physique, les premiers signes de manque apparaissent dès la descente achevée.
L’héroïne peut être détectée dans les urines jusqu’à 12 jours après la prise

Tolérance, accoutumance

En ce qui concerne l’héroïne, la tolérance est très rapide : après quelques jours de consommation (plusieurs fois/jour), l’usager ressent la nécessité d’augmenter les doses, d’abord en quantité, puis en fréquence pour retrouver les effets du produit.
Dépendance

La dépendance psychologique
Une consommation, même occasionnelle, peut entraîner une forte dépendance psychologique. Cette dépendance se manifeste par le besoin de consommer à nouveau le produit pour retrouver ses effets plaisants et apaisants. 

La dépendance physique
À l’arrêt d’une consommation quotidienne, le corps manque d’héroïne et d’endorphines naturelles. En effet, l’héroïne ayant remplacé la production naturelle d’endorphines, le corps est en manque de celles-ci. À ce moment, l’usager est confronté à des manifestations physiques liées au manque. C’est ce qu’on appelle la dépendance physique.
Les signes du manque sont de fortes douleurs dans les reins, une sensation de froid intense, un pouls élevé, éternuements, nez qui coule, yeux qui pleurent, maux de ventres, dérangements intestinales, nausées, vomissements, angoisse, irritabilité, hypersensibilité a la douleur…

Depuis 1996 en France, il existe des « produits de substitution », Méthadone et Subutex®, qui entraînent également une forte dépendance que guérit le baclofène.

L’overdose
La surdose est la dose excessive et dangereuse, voire mortelle.
Elle se traduit par une dépression respiratoire allant d’une faible diminution de la respiration à l’arrêt respiratoire, entraînant l’arrêt cardiaque et ensuite la mort. 

La dose mortelle varie considérablement en fonction de chaque individu : une personne peut augmenter progressivement sa consommation jusqu’à des doses qui seraient mortelles pour un non-consommateur. En certaines circonstances, le risque de surdose augmente :
une première prise ;
une reprise après un arrêt (cure, séjour en prison) ;
la prise d’une nouvelle héroïne (plus concentrée, par exemple) ;
en cas de changement de dealer ;
la prise d’une trop grosse quantité .

Le risque de surdose est donc difficile à mesurer pour chacun. L’héroïne étant coupée avec des produits dont la composition n’est pas connue, le risque de surdose n’est jamais absent.
Enfin, la surdose survient plus fréquemment à la suite d’une injection intraveineuse (l’effet du produit survient brusquement d’un seul coup).
Une partie des accidents mortels n’est cependant pas directement due à une surdose mais plutôt à l’absorption simultanée d’un autre psychotrope qui accentue les effets de l’héroïne.