Le craving

Le craving est la composante psychologique essentielle de la dépendance car il est un facteur décisif de la rechute et du comportement d’intoxication chronique.

Le craving est une pulsion incontrôlable, de très forte intensité, comparable à la soif ou la faim, une envie irrépressible de consommer de façon compulsive.
On pense que la dépendance psychique précède la dépendance physique parfois précocement
traduisant la vulnérabilité et les inégalités des individus face au produit.

Dans le cas de l’alcool, le 1er verre entraînant, le second, le troisième et la bouteille.
La survenue du craving est variable selon les individus : certains ont du craving toute la journée, dès le lever, d’autres un craving à peu près gérable en semaine mais très important le week end, d’autres n’ont de craving que le soir.
Très souvent en fin de journée, vers 17/18 heures, ce qui est bien connu des psychiatres, car le crépuscule est favorable à l’apparition d’un pic anxieux.
Les alcooliques étant entre autre caractérisés par une anxiété chronique, il n’est donc pas étonnant que le craving soit exacerbé à ce moment là.

Pour ma part, je commençais à boire en fin de matinée, parce que j’étais obligée de boire pour ne pas trembler, pour arriver à écrire, pour sortir, ne serait ce que pour aller m’approvisionner …
Ce n’était pas à proprement parler du craving c’était la dépendance physique qui se manifestait le matin. Le vrai craving il déboulait en fin de journée.

Le craving, besoin irrépressible de boire, se traduisant par une consommation compulsive, le 1er verre entraînant les suivants sans qu’il soit possible de s’arrêter malgré la meilleure volonté du monde, peut également se mesurer de façon standardisée.
Il existe notamment un test réputé : le score OCDS (Obsessive Compulsive Drinking Scale)
dont la traduction française est validée, le questionnaire ECCA (Echelle de Comportement et de
Cognitions vis-à-vis de l’Alcool).

Il s’agit d’un questionnaire d’autoévaluation comprenant 14 questions qui scorent les Pensées
Obsédantes de consommation et les Envies Compulsives de consommation, permettant d’obtenir
un score d’appétence globale, et concerne la consommation des 7 derniers jours.

Questions d’autoévaluation du craving, selon le score OCDS :

1 – Lorsque vous ne buvez pas d’alcool, combien de votre temps est occupé par des idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool?

2 – A quelle fréquence ces pensées surviennent-elles?

3 – A quel point ces idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool interfèrent-elles avec votre activité sociale ou professionnelle ?

4 – Y a-t-il quelque chose que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause d’elles ?

5 – Quelle est l’importance de la détresse ou de la perturbation que ces idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool génèrent lorsque vous ne buvez pas?

6 – Lorsque vous ne buvez pas, à quel point faites-vous des efforts pour résister à ces pensées ou essayer de les repousser ou de les détourner de votre attention quand elles entrent dans votre esprit?

7 – Lorsque vous ne buvez pas, à quel point arrivez-vous à arrêter ces pensées ou à vous en détourner?

8 – Combien de verres de boissons alcooliques buvez-vous par jour?

9 – Combien de jours par semaine buvez-vous de l’alcool?

10 – A quel point votre consommation d’alcool interfère-t-elle avec votre activité professionnelle?
Existe-t-il des choses que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause de cette consommation ?

11 – A quel point votre consommation d’alcool interfère-t-elle avec votre activité sociale? Existe-t-il des choses que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause de cette consommation ?

12 – Si l’on vous empêchait de boire de l’alcool quand vous désirez prendre un verre, à quel point seriez-vous anxieux ou énervé ? Alcooliques ?

13 – A quel point vous sentez-vous poussé à consommer des boissons alcooliques?

14 – Quel contrôle avez-vous sur votre consommation d’alcool?

Chaque cas est particulier.
C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de protocole universel pour la prise de baclofène.
Beaucoup de paramètres entrent en compte, nous le verrons plus tard.

Mais une chose est sûre : le baclofène est la seule molécule qui permette de « tuer » le craving, en rendant non pas abstinent mais indifférent à l’alcool.

 

Commentaire

Le craving — 5 commentaires

  1. Bonjour,
    Pourquoi refuser de passer par un médecin ? L’auto médication est fortement déconseillée et ce pour plusieurs raisons : sur internet tu paieras beaucoup plus cher et en plus tu ne seras pas sûre de la composition des comprimés…
    C’est dangereux. Viens sur le forum patients , et je te donnerais les coordonnées d’un médecin prescripteur si tu le souhaites.
    Changethescript

  2. J’ai commence a prendre le baclofene debut Mai 2013 prescription par mon Medecin alcoologue. J’ai eu d’énormes effets secondaires et le craving est toujours present!!!
    J’ai decide de l’arreter aujourd’hui mais par petites doses (j’ai rdv demain avec mon medecin) et je vous assure que je suis très déprimée car pas de résultat positif et la souffrance que j’ai eu avec les ES et j’ai peur aussi pour ma santé (j’ai une valve mitrale artificielle avec anticoagulant).
    Je vous remercie et vos précieuses conseils sont les bien venus.

  3. Bonjour,

    Peut être que votre répartition et votre protocole ne sont pas adaptés. Les médecins sont assez peu sensibles aux heures de prises, à la répartition sur la journée en fonction des effets indésirables et du craving, alors que c’est primordial. Je ne peux que vous inviter à vous inscrire sur notre forum d’entraide : sur lequel j’interviens justement pour une aide dans le protocole. Il n’y a en effet pas de raison que cela ne fonctionne pas.

    A bientôt

  4. j’ai bien connu le phénomène du craving. Je buvais dès le lever, entre midi et deux heures, puis le soir jusque tard dans la nuit. Au bout de sept ans de ce régime infernal et démoralisant et après avoir tenté sans succès des cures médicamenteuses aux effets secondaires désastreux, j’ai trouvé une solution que je qualifierais de miraculeuse : le baclofène. Mon médecin traitant me l’a préscrit il y a six mois. Les effets secondaires que je ne ressens plus aujourd’hui n’ont pas été trop déstabilisants. Aujourd’hui je suis abstinente et il m’arrive même de boire un ou deux verres de vin en société. Sans plus.