Vos questions sur le baclofène

Je ne peux que vous inviter à vous inscrire sur le Forum patients de l’Association AUBES,  réseau d’entre-aide inestimable pour vous accompagner tout au long de votre parcours avec le baclofène, et dont ce site est le prolongement purement informatif.

C’est grâce à ce forum que j’ai connu le baclofène, trouvé un médecin et que j’ai et que j’ai pu progresser entourée et soutenue durant mon traitement, toujours en cours d’ailleurs.
Vous y trouverez compréhension, soutien, partage, et conseils.




 

Toutefois, vous pouvez également me poser vos questions ici si vous le souhaitez.
J’y répondrais volontiers dans les limites de mes connaissances en la matière.

 

Distinguer le craving de l’habitude

Les habitudes, le rituel, ancrés depuis tant d’années dans notre fonctionnement …
Ca ça nous empoisonne !
C’est un peu déstabilisant et à dire la vérité carrément pénible, car ça fini par instiller le doute.

Une fois le craving disparu, pourquoi continuer à boire, sans envie particulière, voire en se forçant, tout ça parce qu’il est l’heure du rituel ?

Certains en viennent même à penser que le baclofène ne marche pas, qu’ils ne sont pas à la dose seuil, qu’il faut encore augmenter.

Le baclofène marche, c’est quasi obligatoire qu’il marche, puisqu’il rétablit une déficience « chimique » dans le cerveau commune à tous les dépendants.
Mais il ne soigne pas les cors aux pieds, et ne fait pas le café non plus !
Il fait 90 % du boulot, et son boulot c’est de tuer le craving sans aucun effort pour le patient qui peut même continuer à boire pendant le traitement.
A nous de nous employer à faire les 10 % restants.

Le deal est à notre avantage non ?
Au début on est tellement habitué au craving et pas à l’habitude qu’on se demande s’il s’agit de l’un ou de l’autre.
Mais on parvient assez vite à faire la différence : quand un craving arrive, on ne pense qu’à ça, à assouvir cette envie irrépressible, rien ne peut nous en détacher.

L’habitude elle, ne résiste en général pas, à un détournement de l’attention.
Ca peut être tout bête : passer un coup de fil, sortir le chien à ce moment là, aller poster son courrier…
Ca peut être aussi de ne pas avoir d’alcool chez soi pour ne pas être tenté.
Ou de s’octroyer 2 verres voire 3 maxi par plaisir, ne pas se forcer à tout boire. Dès que l’envie n’est plus là : direction l’évier .

Chacun peut trouver sa solution

D’ailleurs vos commentaires et vos trucs à ce sujet, seront les bienvenus !

 

The Guardian, Mai 2010

The little pill that could cure alcoholism

When an alcoholic doctor began experimenting with Baclofen, he made what could be the medical breakthrough of the century

The Hotel Lutetia is a beautiful belle époque building in Paris’s sixth arrondissement. It’s a place steeped in history: Josephine Baker was a resident, and it was here that General de Gaulle spent his wedding night. It was also here, on 26 January 2000, that Dr Olivier Ameisen, first official physician to the prime minister of France under Raymond Barre, noted cardiologist at Cornell University, talented pianist and friend of both Nobel Peace Prize-winner Elie Wiesel and record producer Arif Mardin, received the Légion d’Honneur for his « contribution to the image of France abroad and to cardiology » Lire la suite

Qu’est ce que le baclofène ?

Le baclofène est un myorelaxant, prescrit depuis plus de 40 ans en neurologie, en tant que traitement de confort de patients atteints de problèmes de spasticité musculaire (troubles musculaires associés à la sclérose en plaques, à la paraplégie notamment)

La molécule est aujourd’hui tombée dans le domaine des médicaments génériques et on peut le retrouver en France sous deux noms : Baclofène, ou Lioresal®.

Il peut s’administrer de deux façons :

  • par voie orale (comprimés)
  • par voie intrathécale (action directe dans le cerveau par administration au moyen d’une pompe). Les malades alcooliques (ou toxicomanes) le prennent sous forme de comprimés.

Par boite de 30 (Baclofène : 3,24 €) ou 50 comprimés (Lioresal® : 6,96 €)), dosés à 10 mg de baclofène.
Le prix : Baclofène 3,24 €, Lioresal®

Contre indications :

  • Hypersensibilité connue au baclofène ou à l’un des excipients,
  • Enfant de moins de 6 ans en raison de la forme pharmaceutique non adaptée avant cet âge,·
  • Hypersensibilité ou intolérance au gluten en raison de la présence d’amidon de blé (gluten).

Ce médicament est généralement déconseillé au cours du premier trimestre de la grossesse.

Notice du Liorésal®.

NOTICE
Mise à jour : 09/10/2008

Dénomination du médicament
LIORESAL 10 mg, comprimé sécable
Baclofène

Encadré

Veuillez lire attentivement l’intégralité de cette notice avant de prendre ce médicament.
· Gardez cette notice, vous pourriez avoir besoin de la relire.
· Si vous avez toute autre question, si vous avez un doute, demandez plus d’informations à votre médecin ou à votre pharmacien.
· Ce médicament vous a été personnellement prescrit. Ne le donnez jamais à quelqu’un d’autre, même en cas de symptômes identiques, cela pourrait lui être nocif.
· Si l’un des effets indésirables devient grave ou si vous remarquez un effet indésirable non mentionné dans cette notice, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Sommaire notice

Dans cette notice :
1. QU’EST-CE QUE LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ET DANS QUELS CAS EST-IL UTILISE ?
2. QUELLES SONT LES INFORMATIONS A CONNAITRE AVANT DE PRENDRE LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?
3. COMMENT PRENDRE LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?
4. QUELS SONT LES EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS ?
5. COMMENT CONSERVER LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?
6. INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

1. QU’EST-CE QUE LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ET DANS QUELS CAS EST-IL UTILISE ?

Classe pharmacothérapeutique
MORELAXANT A ACTION CENTRALE.
(M- Système locomoteur)

Indications thérapeutiques
Ce médicament est indiqué, chez l’adulte et l’enfant à partir de 6 ans, pour réduire les contractions musculaires involontaires et relâcher la tension excessive des muscles qui apparaissent au cours de maladie neurologiques comme, la sclérose en plaques, certaines maladies de la moelle épinière ou des contractures d’origine cérébrale.

2. QUELLES SONT LES INFORMATIONS A CONNAITRE AVANT DE PRENDRE LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?

Liste des informations nécessaires avant la prise du médicament
Sans objet.

Contre-indications
Ne prenez jamais LIORESAL 10 mg, comprimé sécable dans les cas suivants:
· allergie connue au baclofène, ou à l’un des composants contenus dans LIORESAL,
· enfant de moins de 6 ans en raison de la forme comprimé non adaptée avant cet âge,
· intolérance ou allergie au gluten en raison de la présence d’amidon de blé (gluten).

Ce médicament NE DOIT GENERALEMENT PAS ETRE UTILISE, sauf avis contraire de votre médecin au cours du premier trimestre de la grossesse.
EN CAS DE DOUTE, IL EST INDISPENSABLE DE DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN.

Précautions d’emploi ; mises en garde spéciales

Faites attention avec LIORESAL 10 mg, comprimé sécable:

Mises en garde spéciales
Ne pas interrompre brutalement ce traitement.
Eviter l’utilisation de ce médicament en cas de maladie héréditaire avec accumulation de pigments dans l’organisme (porphyrie).
CE MEDICAMENT NE DOIT ETRE PRIS QUE SOUS SURVEILLANCE MEDICALE.

Précautions d’emploi
En raison de la nécessité d’adapter le traitement, il est important de PREVENIR LE MEDECIN qui rédige l’ordonnance en cas de:
· épilepsie,
· insuffisance respiratoire,
· insuffisance cardiaque,
· insuffisance vasculaire cérébrale,
· maladie psychiatrique,
· maladie du foie, des reins,
· antécédents d’ulcère de l’estomac ou du duodénum,
· diabète,
· difficultés à uriner d’origine neurologique.

EN CAS DE DOUTE NE PAS HESITER A DEMANDER L’AVIS DE VOTRE MEDECIN OU DE VOTRE PHARMACIEN.

Interactions avec d’autres médicaments

Si vous prenez ou avez pris récemment un autre médicament, y compris un médicament obtenu sans ordonnance, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Interactions avec les aliments et les boissons

Sans objet.

Interactions avec les produits de phytothérapie ou thérapies alternatives

Sans objet.

Utilisation pendant la grossesse et l’allaitement

Grossesse et allaitement
Grossesse
L’utilisation de ce médicament, déconseillée pendant le premier trimestre de la grossesse, peut être envisagée au cours des 2ème et 3ème trimestre de la grossesse si nécessaire.
Si vous découvrez que vous êtes enceinte pendant le traitement, consultez rapidement votre médecin.
Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre tout médicament.

Allaitement
Ce médicament passe dans le lait maternel. Par mesure de précaution, il convient de demander l’avis de votre médecin si vous désirez allaiter au cours du traitement.

Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant de prendre tout médicament.

Sportifs
Sans objet.

Effets sur l’aptitude à conduire des véhicules ou à utiliser des machines
Risque de somnolence, de vertiges lors de l’emploi de ce médicament.

Liste des excipients à effet notoire
amidon de blé.

3. COMMENT PRENDRE LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?

Instructions pour un bon usage
Sans objet.

Posologie, Mode et/ou voie(s) d’administration, Fréquence d’administration et Durée du traitement
Les doses, faibles au début, sont augmentées progressivement en fonction de la réponse au traitement de chaque patient.

DANS TOUS LES CAS, SE CONFORMER STRICTEMENT A L’ORDONNANCE DE VOTRE MEDECIN.

Mode d’administration
Voie orale.

Fréquence d’administration
Avaler sans les croquer les comprimés au cours des repas, avec un verre d’eau.

Durée de traitement

DANS TOUS LES CAS, SE CONFORMER STRICTEMENT A L’ORDONNANCE DE VOTRE MEDECIN.

Symptômes et instructions en cas de surdosage
Si vous avez pris plus de LIORESAL 10 mg, comprimé sécable que vous n’auriez dû:
En cas d’ingestion accidentelle, prévenir immédiatement un médecin.

Instructions en cas d’omission d’une ou de plusieurs doses
Sans objet.

Risque de syndrome de sevrage
Si vous arrêtez de prendre LIORESAL 10 mg, comprimé sécable:
Ne pas interrompre brutalement ce traitement sans l’avis de votre médecin.

4. QUELS SONT LES EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS ?

Description des effets indésirables
Comme tous les médicaments, LIORESAL 10 mg, comprimé sécable est susceptible d’avoir des effets indésirables, bien que tout le monde n’y soit pas sujet:

Troubles neurologiques
Les plus fréquemment observés sont: une sédation, une somnolence.
Plus rarement sont notés une faiblesse musculaire, des vertiges, une confusion, des difficultés à respirer, des troubles de l’humeur, des maux de tête, des bourdonnements d’oreille, des fourmillements, des tremblements, des difficultés d’élocution, des troubles de la vue, une insomnie. Ont été observés: état euphorique, difficulté à coordonner des mouvements, hallucinations, baisse de la température corporelle.

Troubles digestifs
Surviennent surtout en début de traitement : nausées, vomissements, constipation.
Plus rares sont: diminution du goût, perte d’appétit, sécheresse de la bouche, diarrhée, douleurs abdominales.

Troubles cardio-vasculaires
Ralentissement du rythme cardiaque, diminution de la tension artérielle.

Troubles urinaires
Aggravation d’une difficulté à uriner préexistante.

Troubles cutanés
Eruption cutanée, sueurs.

Autres
Augmentation paradoxale de la rigidité musculaire.
Anomalies du bilan hépatique.

Si vous remarquez des effets indésirables non mentionnés dans cette notice, ou si certains effets indésirables deviennent graves, veuillez en informer votre médecin ou votre pharmacien.

5. COMMENT CONSERVER LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?

Tenir hors de la portée et de la vue des enfants.

Date de péremption

Ne pas utiliser LIORESAL 10 mg, comprimé sécable après la date de péremption mentionnée sur la boîte.

Conditions de conservation

Ce médicament est à conserver à une température inférieure à 25°C et à l’abri de l’humidité.

Si nécessaire, mises en garde contre certains signes visibles de détérioration

Les médicaments ne doivent pas être jetés au tout-à-l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien ce qu’il faut faire des médicaments inutilisés. Ces mesures permettront de protéger l’environnement.

6. INFORMATIONS SUPPLEMENTAIRES

Liste complète des substances actives et des excipients

Que contient LIORESAL 10 mg, comprimé sécable ?

La substance active est:

Baclofène ………………………………………………………………………………………………………………….. 10 mg

Pour un comprimé sécable.

Les autres composants sont:

Silice colloïdale anhydre, cellulose microcristalline 50 μm, cellulose microcristalline 100 μm, stéarate de magnésium, povidone K30, amidon de blé.

Forme pharmaceutique et contenu

Qu’est-ce que LIORESAL 10 mg, comprimé sécable et contenu de l’emballage extérieur ?

Ce médicament se présente sous forme de comprimé sécable. Boîte de 50.

Nom et adresse du titulaire de l’autorisation de mise sur le marché et du titulaire de l’autorisation de fabrication responsable de la libération des lots, si différent

Titulaire

NOVARTIS PHARMA SAS
2-4, rue Lionel Terray
92500 Rueil-Malmaison

Exploitant

Novartis SAS
2 & 4, rue Lionel Terray
92506 RUEIL-MALMAISON

Fabricant

Novartis SAS
26, rue de la chapelle
68330 HUNINGUE

ou

Novartis Farma S.P.A
Via Provinciale Schito 131
80 058 Torre Annunziata

Italie

Noms du médicament dans les Etats membres de l’Espace Economique Européen

Sans objet.

Date d’approbation de la notice

La dernière date à laquelle cette notice a été approuvée est le {date}.

AMM sous circonstances exceptionnelles

Sans objet.

Informations Internet

Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site Internet de l’Afssaps (France).

Informations réservées aux professionnels de santé

Sans objet.

Autres

Sans objet.

Effets secondaires

A la lecture de cette notice, la liste des effets secondaires apparaît comme impressionnante, voire effrayante.
Le détail se trouve dans la section Baclofène, Les effets secondaires, et pour y accéder directement, c’est ICI

Une prescription hors Autorisation de Mise sur le Marché (A.M.M)

Son utilisation en traitement de l’alcoolo dépendance est hors Autorisation de Mise sur le Marché (A.M.M.) à double titre.

Lire article paru dans NEUROLOGIES en février 2003

D’une part parce que l’indication de traitement de l’alcoolisme ne figure pas sur la notice.

Et d’autre part, parce que pour être efficace, les doses à administrer sont largement supérieures à celles fixées par l’autorisation de mise sur le marché (80 mg par jour).

Pour le traitement de l’alcoolo dépendance et autres addictions, les doses peuvent en effet aller jusqu’à plus de 300 mg, même si c’est relativement rare. Un membre du forum en est même actuellement à 400 mg par jour, sans effets secondaires notables (si ce n’est les insomnies, très fréquentes à partir d’un certain dosage).

C’est la raison pour laquelle de nombreux médecins restent hostiles à sa prescription dans cette indication. On parle alors de prescription « hors A.M.M ».

Mais cette frilosité n’est pas justifiée puisque le baclofène, dans son indication primaire, est déjà utilisé à haute dose en neurologie (jusqu’à 180 mg chez l’enfant sans problème)

Et que les médecins pratiquent des prescriptions hors A.M.M à tour de bras concernant les antidépresseurs, anxiolitiques etc, dans le traitement de l’alcoolisme, alors que cette indication n’est pas non plus mentionnée dans la notice, et que la prise de ces médicaments doit être très limitée dans le temps car ils sont susceptibles d’entraîner une forte dépendance.

De plus, la loi n’interdit pas aux médecins de prescrire hors A.M.M.

Ainsi, la liberté de prescription est rappelée comme un principe fondamental de l’exercice médical à
l’article 8 du Code de déontologie : « Dans les limites fixées par la loi, le médecin est libre de ses
prescriptions qui seront celles qu’il estime les plus appropriées en la circonstance.
Il doit, sans négliger son devoir d’assistance morale, limiter ses prescriptions et ses actes à ce qui
est nécessaire à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité des soins.
Il doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes
investigations et thérapeutiques possibles ».

Toutefois, le médecin devra indiquer sur son ordonnance que la prescription est hors AMM et non remboursable

Un peu plus de 3 euros la boite de baclofène, comparé au coût de l’alcool et à ses conséquences sur la santé : personnellement mon choix a été vite fait !

A NOTER (cela est une évolution notable même si la prescription reste hors A.M.M)

Une avancée de la part de l’AFSSAPS (avril 2012) qui vient très récemment d’autoriser la prescription, certes sous conditions, mais certains médecins se sentent du coup bien plus à l’aise avec la prescription hors AMM. L’AFFSAPS autorise la prescription de baclofène

Pourquoi le baclofène ?

Les addictions sont liées à certains neurotransmetteurs qui ont également une influence sur l’anxiété.

Tous les produits qui peuvent déclencher une dépendance chez l’homme ont en commun une propriété : ils augmentent la quantité de dopamine disponible dans une zone du cerveau, le circuit de récompense.

Une substance psychoactive (alcool) dont la structure moléculaire ressemble à celle d’une substance produite naturellement par l’organisme, peut se fixer à la place de celle-ci sur des récepteurs spécifiques et ainsi mimer son action déstressante.

« Chez tout individu, le gaba est un neurotransmetteur essentiel au métabolisme cérébral. Abondamment présent dans le cerveau, il se fixe principalement sur deux types de sites, gaba A et gaba B, et permet le passage de l’information nerveuse entre deux neurones connectés par une synapse.
On sait qu’un dysfonctionnement du système du gaba est à l’origine de troubles du système nerveux.

Lorsqu’un individu boit de l’alcool , cette substance prend la place du gaba sur les sites gaba A, mimant son action déstressante.
Il en résulte une perturbation de la sensibilité de la membrane du neurone par une modification du flux d’ions chlore qui la traverse.
Lorsque la prise d’alcool est chronique, la désensibilisation des récepteurs a des effets excitateurs et délétères pour le comportement (tremblements, désorganisation du sommeil, delirium tremens…) Lorsqu’un individu prend du baclofène, cette molécule a une action unique, que l’on ne retrouve dans aucun autre médicament: elle est la seule capable de mimer l’action du neurotransmetteur gaba sur les sites gaba B, à la fois en amont et en aval de la synapse.
Ce faisant, le baclofène modifie la circulation des ions calcium et potassium entre neurones. Pour l’instant, on ignore toujours en quoi cette modification peut rétablir la perturbation synaptique induite par la consommation d’alcool ou des stupéfiants. »
Hervé Ratel

Ainsi, le baclofène est la seule molécule qui supprime totalement le craving, et rend indifférent à l’alcool.

 


Le craving

Le craving est la composante psychologique essentielle de la dépendance car il est un facteur décisif de la rechute et du comportement d’intoxication chronique.

Le craving est une pulsion incontrôlable, de très forte intensité, comparable à la soif ou la faim, une envie irrépressible de consommer de façon compulsive.
On pense que la dépendance psychique précède la dépendance physique parfois précocement
traduisant la vulnérabilité et les inégalités des individus face au produit.

Dans le cas de l’alcool, le 1er verre entraînant, le second, le troisième et la bouteille.
La survenue du craving est variable selon les individus : certains ont du craving toute la journée, dès le lever, d’autres un craving à peu près gérable en semaine mais très important le week end, d’autres n’ont de craving que le soir.
Très souvent en fin de journée, vers 17/18 heures, ce qui est bien connu des psychiatres, car le crépuscule est favorable à l’apparition d’un pic anxieux.
Les alcooliques étant entre autre caractérisés par une anxiété chronique, il n’est donc pas étonnant que le craving soit exacerbé à ce moment là.

Pour ma part, je commençais à boire en fin de matinée, parce que j’étais obligée de boire pour ne pas trembler, pour arriver à écrire, pour sortir, ne serait ce que pour aller m’approvisionner …
Ce n’était pas à proprement parler du craving c’était la dépendance physique qui se manifestait le matin. Le vrai craving il déboulait en fin de journée.

Le craving, besoin irrépressible de boire, se traduisant par une consommation compulsive, le 1er verre entraînant les suivants sans qu’il soit possible de s’arrêter malgré la meilleure volonté du monde, peut également se mesurer de façon standardisée.
Il existe notamment un test réputé : le score OCDS (Obsessive Compulsive Drinking Scale)
dont la traduction française est validée, le questionnaire ECCA (Echelle de Comportement et de
Cognitions vis-à-vis de l’Alcool).

Il s’agit d’un questionnaire d’autoévaluation comprenant 14 questions qui scorent les Pensées
Obsédantes de consommation et les Envies Compulsives de consommation, permettant d’obtenir
un score d’appétence globale, et concerne la consommation des 7 derniers jours.

Questions d’autoévaluation du craving, selon le score OCDS :

1 – Lorsque vous ne buvez pas d’alcool, combien de votre temps est occupé par des idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool?

2 – A quelle fréquence ces pensées surviennent-elles?

3 – A quel point ces idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool interfèrent-elles avec votre activité sociale ou professionnelle ?

4 – Y a-t-il quelque chose que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause d’elles ?

5 – Quelle est l’importance de la détresse ou de la perturbation que ces idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool génèrent lorsque vous ne buvez pas?

6 – Lorsque vous ne buvez pas, à quel point faites-vous des efforts pour résister à ces pensées ou essayer de les repousser ou de les détourner de votre attention quand elles entrent dans votre esprit?

7 – Lorsque vous ne buvez pas, à quel point arrivez-vous à arrêter ces pensées ou à vous en détourner?

8 – Combien de verres de boissons alcooliques buvez-vous par jour?

9 – Combien de jours par semaine buvez-vous de l’alcool?

10 – A quel point votre consommation d’alcool interfère-t-elle avec votre activité professionnelle?
Existe-t-il des choses que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause de cette consommation ?

11 – A quel point votre consommation d’alcool interfère-t-elle avec votre activité sociale? Existe-t-il des choses que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause de cette consommation ?

12 – Si l’on vous empêchait de boire de l’alcool quand vous désirez prendre un verre, à quel point seriez-vous anxieux ou énervé ? Alcooliques ?

13 – A quel point vous sentez-vous poussé à consommer des boissons alcooliques?

14 – Quel contrôle avez-vous sur votre consommation d’alcool?

Chaque cas est particulier.
C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de protocole universel pour la prise de baclofène.
Beaucoup de paramètres entrent en compte, nous le verrons plus tard.

Mais une chose est sûre : le baclofène est la seule molécule qui permette de « tuer » le craving, en rendant non pas abstinent mais indifférent à l’alcool.

 

Indifférence et abstinence : quelle différence ? Le baclofène réduit le craving : la preuve par l’imagerie cérébrale

Nous avons quasiment tous été culpabilisés voire humiliés par notre entourage, dans les cures, ou par certains médecins y compris les addictologues.
Je crois qu’en cure niveau humiliations c’est la totale ! Au dessus c’est le soleil !

Déjà c’est en hôpital psychiatrique, en règle générale.
Le ton est d’ores et déjà donné.
A peine arrivé : fouille des bagages, confiscation de tout ce qui contient du parfum.
En cas de permission de sortie, au retour on vous fait souffler, et on vous fouille, comme si vous étiez un dangereux délinquant.
Si c’est ok on vous félicite, sinon on vous fait la morale, on vous prive de la sortie suivante, voire on vous exclut carrément.

La volonté, cette fameuse volonté : nous les alcooliques en serions totalement dépourvus.
Nous serions de pauvres petites choses faibles, de pauvres ivrognes irrécupérables.

La seule solution pour vous en sortir c’est l’abstinence, à vie.
Vous êtes et serez toujours alcoolique : plus jamais une goutte sinon c’est la rechute assurée, la cure derrière, et ainsi de suite.
Et ne vous amusez pas à vous parfumer, à assaisonner vos plats avec du vinaigre, évitez les plats en sauce, et j’en passe…

L’abstinence est une torture.
Une lutte de tous les instants pour éviter de croiser du regard un verre, éviter les situations à risque (soirées familiales, entre amis …)

Certains finissent par y arriver et pensent être devenus « indifférents » à force.

Combien ? 10 % tout au plus si on considère que les méthodes de soin actuellement prodiguées pour l’alcoolisme ont un taux d’échec de 90 %.
Et parmi ces 10 % de « reussite », même au bout de 20 ans d’abstinence : un seul verre et c’est la rechute immédiate.

Certains médecins refusaient même de suivre les alcooliques, tant il est frustrant pour eux de ne rien pouvoir faire qui fonctionne, et de les voir tous mourir, à plus ou moins brève échéance.
Les médecins qui prescrivent du baclofène à leurs malades s’émerveillent tous les jours de les voir guérir les uns après les autres !

Les molécules proposées dans ces thérapeutiques, permettent au mieux de diminuer le craving. Personnellement, ça n’a jamais fonctionné, et au sortir d’une cure, j’ai tenu maximum 5 jours au prix d’une lutte et d’une souffrance que je n’ai pas pu supporter bien longtemps.

Le traitement par baclofène, aboutit quant à lui à l’indifférence à l’alcool, c’est à dire à la disparition de l’addiction.

L’indifférence c’est quoi par rapport à l’abstinence ?

L’abstinent est toujours malade et doit lutter en permanence pour contrer ce craving qui est toujours là.
L’indifférent n’est plus malade. Il est guéri sous traitement, car le baclofène a tué son craving.
Tout comme le diabétique qui est « normal » si il prend à vie ses médicaments.

Quand on tend un verre à un abstinent, il est obligé de dire : « non merci je ne bois plus », ou « je ne bois pas », alors qu’il en a envie.
Quand on tend un verre à un indifférent, il peut le refuser, ou l’accepter et le boire.
Le verre devant lui ne l’appelle plus, il ne lui parle plus, il ne l’attire plus comme un aimant.
Il s’en fout !
L’indifférent guéri sous baclofène est libre de boire de temps en temps, voire de boire son verre de vin à table avec plaisir, ou de ne plus boire du tout.
Il est comme tout le monde face à l’alcool : il est libre.

La vue d’un verre n’allume plus son cerveau tel un arbre de Noël.

Pour l’illustration par l’imagerie cérébrale du craving chez un abstinent sous placébo et chez un abstinent sous baclofène, jetez un coup d’oeil sur cette vidéo édifiante !

« Baclofen reduces cocaïne craving » Vidéo sous titrée en Français