Une prescription hors Autorisation de Mise sur le Marché (A.M.M)

Son utilisation en traitement de l’alcoolo dépendance est hors Autorisation de Mise sur le Marché (A.M.M.) à double titre.

Lire article paru dans NEUROLOGIES en février 2003

D’une part parce que l’indication de traitement de l’alcoolisme ne figure pas sur la notice.

Et d’autre part, parce que pour être efficace, les doses à administrer sont largement supérieures à celles fixées par l’autorisation de mise sur le marché (80 mg par jour).

Pour le traitement de l’alcoolo dépendance et autres addictions, les doses peuvent en effet aller jusqu’à plus de 300 mg, même si c’est relativement rare. Un membre du forum en est même actuellement à 400 mg par jour, sans effets secondaires notables (si ce n’est les insomnies, très fréquentes à partir d’un certain dosage).

C’est la raison pour laquelle de nombreux médecins restent hostiles à sa prescription dans cette indication. On parle alors de prescription « hors A.M.M ».

Mais cette frilosité n’est pas justifiée puisque le baclofène, dans son indication primaire, est déjà utilisé à haute dose en neurologie (jusqu’à 180 mg chez l’enfant sans problème)

Et que les médecins pratiquent des prescriptions hors A.M.M à tour de bras concernant les antidépresseurs, anxiolitiques etc, dans le traitement de l’alcoolisme, alors que cette indication n’est pas non plus mentionnée dans la notice, et que la prise de ces médicaments doit être très limitée dans le temps car ils sont susceptibles d’entraîner une forte dépendance.

De plus, la loi n’interdit pas aux médecins de prescrire hors A.M.M.

Ainsi, la liberté de prescription est rappelée comme un principe fondamental de l’exercice médical à
l’article 8 du Code de déontologie : « Dans les limites fixées par la loi, le médecin est libre de ses
prescriptions qui seront celles qu’il estime les plus appropriées en la circonstance.
Il doit, sans négliger son devoir d’assistance morale, limiter ses prescriptions et ses actes à ce qui
est nécessaire à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité des soins.
Il doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes
investigations et thérapeutiques possibles ».

Toutefois, le médecin devra indiquer sur son ordonnance que la prescription est hors AMM et non remboursable

Un peu plus de 3 euros la boite de baclofène, comparé au coût de l’alcool et à ses conséquences sur la santé : personnellement mon choix a été vite fait !

A NOTER (cela est une évolution notable même si la prescription reste hors A.M.M)

Une avancée de la part de l’AFSSAPS (avril 2012) qui vient très récemment d’autoriser la prescription, certes sous conditions, mais certains médecins se sentent du coup bien plus à l’aise avec la prescription hors AMM. L’AFFSAPS autorise la prescription de baclofène

Pourquoi le baclofène ?

Les addictions sont liées à certains neurotransmetteurs qui ont également une influence sur l’anxiété.

Tous les produits qui peuvent déclencher une dépendance chez l’homme ont en commun une propriété : ils augmentent la quantité de dopamine disponible dans une zone du cerveau, le circuit de récompense.

Une substance psychoactive (alcool) dont la structure moléculaire ressemble à celle d’une substance produite naturellement par l’organisme, peut se fixer à la place de celle-ci sur des récepteurs spécifiques et ainsi mimer son action déstressante.

« Chez tout individu, le gaba est un neurotransmetteur essentiel au métabolisme cérébral. Abondamment présent dans le cerveau, il se fixe principalement sur deux types de sites, gaba A et gaba B, et permet le passage de l’information nerveuse entre deux neurones connectés par une synapse.
On sait qu’un dysfonctionnement du système du gaba est à l’origine de troubles du système nerveux.

Lorsqu’un individu boit de l’alcool , cette substance prend la place du gaba sur les sites gaba A, mimant son action déstressante.
Il en résulte une perturbation de la sensibilité de la membrane du neurone par une modification du flux d’ions chlore qui la traverse.
Lorsque la prise d’alcool est chronique, la désensibilisation des récepteurs a des effets excitateurs et délétères pour le comportement (tremblements, désorganisation du sommeil, delirium tremens…) Lorsqu’un individu prend du baclofène, cette molécule a une action unique, que l’on ne retrouve dans aucun autre médicament: elle est la seule capable de mimer l’action du neurotransmetteur gaba sur les sites gaba B, à la fois en amont et en aval de la synapse.
Ce faisant, le baclofène modifie la circulation des ions calcium et potassium entre neurones. Pour l’instant, on ignore toujours en quoi cette modification peut rétablir la perturbation synaptique induite par la consommation d’alcool ou des stupéfiants. »
Hervé Ratel

Ainsi, le baclofène est la seule molécule qui supprime totalement le craving, et rend indifférent à l’alcool.

 


Le craving

Le craving est la composante psychologique essentielle de la dépendance car il est un facteur décisif de la rechute et du comportement d’intoxication chronique.

Le craving est une pulsion incontrôlable, de très forte intensité, comparable à la soif ou la faim, une envie irrépressible de consommer de façon compulsive.
On pense que la dépendance psychique précède la dépendance physique parfois précocement
traduisant la vulnérabilité et les inégalités des individus face au produit.

Dans le cas de l’alcool, le 1er verre entraînant, le second, le troisième et la bouteille.
La survenue du craving est variable selon les individus : certains ont du craving toute la journée, dès le lever, d’autres un craving à peu près gérable en semaine mais très important le week end, d’autres n’ont de craving que le soir.
Très souvent en fin de journée, vers 17/18 heures, ce qui est bien connu des psychiatres, car le crépuscule est favorable à l’apparition d’un pic anxieux.
Les alcooliques étant entre autre caractérisés par une anxiété chronique, il n’est donc pas étonnant que le craving soit exacerbé à ce moment là.

Pour ma part, je commençais à boire en fin de matinée, parce que j’étais obligée de boire pour ne pas trembler, pour arriver à écrire, pour sortir, ne serait ce que pour aller m’approvisionner …
Ce n’était pas à proprement parler du craving c’était la dépendance physique qui se manifestait le matin. Le vrai craving il déboulait en fin de journée.

Le craving, besoin irrépressible de boire, se traduisant par une consommation compulsive, le 1er verre entraînant les suivants sans qu’il soit possible de s’arrêter malgré la meilleure volonté du monde, peut également se mesurer de façon standardisée.
Il existe notamment un test réputé : le score OCDS (Obsessive Compulsive Drinking Scale)
dont la traduction française est validée, le questionnaire ECCA (Echelle de Comportement et de
Cognitions vis-à-vis de l’Alcool).

Il s’agit d’un questionnaire d’autoévaluation comprenant 14 questions qui scorent les Pensées
Obsédantes de consommation et les Envies Compulsives de consommation, permettant d’obtenir
un score d’appétence globale, et concerne la consommation des 7 derniers jours.

Questions d’autoévaluation du craving, selon le score OCDS :

1 – Lorsque vous ne buvez pas d’alcool, combien de votre temps est occupé par des idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool?

2 – A quelle fréquence ces pensées surviennent-elles?

3 – A quel point ces idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool interfèrent-elles avec votre activité sociale ou professionnelle ?

4 – Y a-t-il quelque chose que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause d’elles ?

5 – Quelle est l’importance de la détresse ou de la perturbation que ces idées, pensées, impulsions ou images liées à la consommation d’alcool génèrent lorsque vous ne buvez pas?

6 – Lorsque vous ne buvez pas, à quel point faites-vous des efforts pour résister à ces pensées ou essayer de les repousser ou de les détourner de votre attention quand elles entrent dans votre esprit?

7 – Lorsque vous ne buvez pas, à quel point arrivez-vous à arrêter ces pensées ou à vous en détourner?

8 – Combien de verres de boissons alcooliques buvez-vous par jour?

9 – Combien de jours par semaine buvez-vous de l’alcool?

10 – A quel point votre consommation d’alcool interfère-t-elle avec votre activité professionnelle?
Existe-t-il des choses que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause de cette consommation ?

11 – A quel point votre consommation d’alcool interfère-t-elle avec votre activité sociale? Existe-t-il des choses que vous ne faites pas ou ne pouvez pas faire à cause de cette consommation ?

12 – Si l’on vous empêchait de boire de l’alcool quand vous désirez prendre un verre, à quel point seriez-vous anxieux ou énervé ? Alcooliques ?

13 – A quel point vous sentez-vous poussé à consommer des boissons alcooliques?

14 – Quel contrôle avez-vous sur votre consommation d’alcool?

Chaque cas est particulier.
C’est la raison pour laquelle il n’y a pas de protocole universel pour la prise de baclofène.
Beaucoup de paramètres entrent en compte, nous le verrons plus tard.

Mais une chose est sûre : le baclofène est la seule molécule qui permette de « tuer » le craving, en rendant non pas abstinent mais indifférent à l’alcool.

 

Indifférence et abstinence : quelle différence ? Le baclofène réduit le craving : la preuve par l’imagerie cérébrale

Nous avons quasiment tous été culpabilisés voire humiliés par notre entourage, dans les cures, ou par certains médecins y compris les addictologues.
Je crois qu’en cure niveau humiliations c’est la totale ! Au dessus c’est le soleil !

Déjà c’est en hôpital psychiatrique, en règle générale.
Le ton est d’ores et déjà donné.
A peine arrivé : fouille des bagages, confiscation de tout ce qui contient du parfum.
En cas de permission de sortie, au retour on vous fait souffler, et on vous fouille, comme si vous étiez un dangereux délinquant.
Si c’est ok on vous félicite, sinon on vous fait la morale, on vous prive de la sortie suivante, voire on vous exclut carrément.

La volonté, cette fameuse volonté : nous les alcooliques en serions totalement dépourvus.
Nous serions de pauvres petites choses faibles, de pauvres ivrognes irrécupérables.

La seule solution pour vous en sortir c’est l’abstinence, à vie.
Vous êtes et serez toujours alcoolique : plus jamais une goutte sinon c’est la rechute assurée, la cure derrière, et ainsi de suite.
Et ne vous amusez pas à vous parfumer, à assaisonner vos plats avec du vinaigre, évitez les plats en sauce, et j’en passe…

L’abstinence est une torture.
Une lutte de tous les instants pour éviter de croiser du regard un verre, éviter les situations à risque (soirées familiales, entre amis …)

Certains finissent par y arriver et pensent être devenus « indifférents » à force.

Combien ? 10 % tout au plus si on considère que les méthodes de soin actuellement prodiguées pour l’alcoolisme ont un taux d’échec de 90 %.
Et parmi ces 10 % de « reussite », même au bout de 20 ans d’abstinence : un seul verre et c’est la rechute immédiate.

Certains médecins refusaient même de suivre les alcooliques, tant il est frustrant pour eux de ne rien pouvoir faire qui fonctionne, et de les voir tous mourir, à plus ou moins brève échéance.
Les médecins qui prescrivent du baclofène à leurs malades s’émerveillent tous les jours de les voir guérir les uns après les autres !

Les molécules proposées dans ces thérapeutiques, permettent au mieux de diminuer le craving. Personnellement, ça n’a jamais fonctionné, et au sortir d’une cure, j’ai tenu maximum 5 jours au prix d’une lutte et d’une souffrance que je n’ai pas pu supporter bien longtemps.

Le traitement par baclofène, aboutit quant à lui à l’indifférence à l’alcool, c’est à dire à la disparition de l’addiction.

L’indifférence c’est quoi par rapport à l’abstinence ?

L’abstinent est toujours malade et doit lutter en permanence pour contrer ce craving qui est toujours là.
L’indifférent n’est plus malade. Il est guéri sous traitement, car le baclofène a tué son craving.
Tout comme le diabétique qui est « normal » si il prend à vie ses médicaments.

Quand on tend un verre à un abstinent, il est obligé de dire : « non merci je ne bois plus », ou « je ne bois pas », alors qu’il en a envie.
Quand on tend un verre à un indifférent, il peut le refuser, ou l’accepter et le boire.
Le verre devant lui ne l’appelle plus, il ne lui parle plus, il ne l’attire plus comme un aimant.
Il s’en fout !
L’indifférent guéri sous baclofène est libre de boire de temps en temps, voire de boire son verre de vin à table avec plaisir, ou de ne plus boire du tout.
Il est comme tout le monde face à l’alcool : il est libre.

La vue d’un verre n’allume plus son cerveau tel un arbre de Noël.

Pour l’illustration par l’imagerie cérébrale du craving chez un abstinent sous placébo et chez un abstinent sous baclofène, jetez un coup d’oeil sur cette vidéo édifiante !

« Baclofen reduces cocaïne craving » Vidéo sous titrée en Français

Malades mais non coupables

 

L’alcoolisme, comme la toxicomanie, est une maladie, et non un vice.
De récentes découvertes sur la chimie des neurones ont permis de montrer que la volonté n’est pas mise en cause dans les phénomènes d’addictions.

Environ 10 personnes sur 100 sont prédisposées à devenir dépendantes d’une substance comme l’alcool, l’héroïne, les médicaments, etc.

C’est la rencontre avec le produit qui déclenche la maladie.
Impossible de s’arrêter de consommer, la volonté n’a aucune prise sur la consommation.
Le malade devient l’esclave du produit.

En automne 2008, le Professeur Olivier AMEISEN a sorti un livre « Le dernier verre », qui raconte comment il a guéri son alcoolisme à l’aide d’un vieux médicament générique (le baclofène).

Il a découvert que pris à une certaine dose ce médicament entraînait une indifférence à l’alcool.

Le 1er verre n’entraîne plus le second et les suivants.
Il ne s’agit pas d’abstinence au prix d’une lutte quotidienne de tous les instants, mais d’indifférence amenant à la liberté de consommer ou pas.

Nous sommes désormais plusieurs milliers, en France et à l’étranger, à avoir la chance d’être soignés par un médecin qui nous prescrit du baclofène.
Et les témoignages sont éloquents, c’est une bouffée d’oxygène, une aide inestimable pour prendre le dessus sur l’addiction.

L’information concernant cette molécule commence à être relayée mais n’était jusque là que pas ou peu diffusée, pour la bonne et simple raison que ce médicament est tombé depuis longtemps dans le domaine des génériques.
Et aucun laboratoire ne s’intéresse à de nouvelles applications possibles du baclofène.
Tout le monde a le droit d’en fabriquer.
Donc ça ne rapporte à personne, il n’y a pas d’exclusivité possible.

De plus, cela met en péril tout un système de prise en charge des malades alcooliques, système très coûteux, très lourd, et inefficace mais qui fait vivre beaucoup trop de monde… Et cet aspect a la vie dure ! Encore aujourd’hui en août 2015, les réticences perdurent …

Le baclofène était jusqu’alors utilisé par les neurologues pour soigner des troubles musculaires bénins chez les malades de la sclérose en plaques.
Il peut s’administrer de deux façons : par voie orale (comprimés) ou par voie intrathécale (injection directe dans le cerveau).
Les malades alcooliques (ou toxicomanes) le prennent sous forme de comprimés.

Sous cette forme, le baclofène n’a jamais causé de décès, ni de troubles graves ou irréversibles.

Même par tentative de suicide (jusqu’à 250 comprimés en une prise) personne n’est jamais décédé suite à l’absorption de comprimés de baclofène.
Le baclofène, est un vieux médicament (plus de 40 ans), dont les effets sont bien connus.

Le taux de réussite, avec ce traitement est proche de plus de 60% de rémission d’après les études de Renaud de Beaurepaire (contre 90 % d’échec avec les méthodes « traditionnelles »).

Lire son ouvrage : « Vérités et mensonges sur le baclofène »,paru en février 2014.

L’alcool tue (120 morts par jour en France), les drogues tuent, le baclofène ne tue pas.

Sur ce site vous allez pouvoir trouver des informations sur  le baclofène dans le traitement de l’alcoolisme, sachant qu’il fonctionne également pour d’autres addictions : médicaments (antidépresseurs, anxiolytiques, codéine), cocaïne, cannabis, subutex, boulimie.

Ici nous parlons d’alcoolisme, mais il nous a été donné de constater que des malades alcooliques consommateurs de cannabis guérissaient de cette addiction avant de guérir de celle de l’alcool.

Bref, on peut sans grand risque affirmer que cette molécule est la molécule qui guérit des addictions.

Mais c’est miraculeux, trop beau pour être vrai !

Cela n’a rien de miraculeux, vous le constaterez par vous-même en parcourant ce site documenté d’articles scientifiques , d’explications neurobiologiques, d’articles de presse, d’audios, de vidéos, et de témoignages de guérison.

Bonne visite

La liberté est au bout du chemin !

changethescript

Petites précisions sur le fonctionnement du site :
Sur la page d’accueil en dessous de cette introduction, sont publiés les derniers articles, totalement dans le désordre, car ils apparaissent en une par date de publication.
Mais le site est structuré : il vous suffit de naviguer dans les onglets du menu en haut, juste en dessous de la bannière et au dessus de cette page, tout est organisé.

« Baclofen reduces cocaïne craving » Vidéo sous titrée en Français

Vidéo présentée lors du colloque organisé par l’association AUBES le 26/06/2010, cette vidéo montre l’action du baclofène sur la dépendance à la cocaïne, et fut commentée en ces termes par Renaud de Beaurepaire :

 Elle provient d’une équipe d’américains menée par Anna Rose Childress, qui est addictologue.
Cette image provient de cerveau de cocaïnomanes sevrés et à qui on montre un indice de prise de cocaïne, par exemple une ligne blanche, ou quelque chose qui rappelle la drogue et qui déclenche chez eux l’envie d’en reprendre.
C’est une chose très connue, c’est un modèle utilisé universellement par l’imagerie cérébrale, c’est très intéressant d’ailleurs.
Quand on montre à quelqu’un qui a été sevré en cocaïne un indice qui lui donne envie d’en prendre, on voit s’allumer son cerveau : toutes sortes de structures impliquées dans la dépendance aux drogues et qui s’appellent l’amygdale, l’insula, le striatum, deviennent hyperactives quand la personne a envie, quand elle a du craving.

L’image allumée de gauche est l’image du craving d’un cerveau qui a envie de drogue.
A droite, les patients ont été traités par baclofène : rien ne s’allume.

Voilà donc une démonstration par l’imagerie cérébrale de l’efficacité du baclofène.


« Baclofen reduces cocaine craving » sous titrée