Amygdale

L’amygdale est une petite structure du système limbique qui doit son nom à sa forme qui rappelle celle d’une amande
L’amygdale, ou complexe amygdalien est le centre de contrôle des émotions.
Si on la détruit, on supprime toute violence, toute peur, mais aussi toute réaction émotive ; si on la stimule, le comportement devient excessif, très violent ou d’une extrême douceur affectueuse.(en rouge sur le dessin).

Comme pour la plupart des structures de notre cerveau, nous possédons deux amygdales.
L’une située dans l’ hémisphère droit et l’autre dans le gauche.
Elles sont situées tout près de l’hippocampe, dans la partie frontale du lobe temporal.

L’amygdale et la peur

L’amygdale est essentielle à notre capacité de ressentir et de percevoir chez les autres certaines émotions.
C’est le cas de la peur et de toutes les modifications corporelles qu’elle entraîne.

Lorsque l’amygdale reçoit un ou plusieurs stimuli, elle en fait une rapide évaluation et présente au cerveau une sorte de « rapport » sur ce que l’organisme doit en attendre.
L’amygdale évalue le contenu du stimulus comme quelque chose de prometteur et de désirable, dont il convient de s’approcher, ou bien elle le classe comme un objet dangereux qu’il faut fuir.

Chez certains patients qui ont dû subir une intervention chirurgicale au cerveau, on a pu stimuler l’amygdale directement et recueillir leurs impressions.
L’expérience subjective la plus commune décrite en est une de danger imminent et de peur.
Les très rares patients dont uniquement l’amygdale a été détruite (lors d’accident cérébraux vasculaires par exemple) reconnaissent toutes les expressions émotionnelles sur les visages sauf celle de la peur.

L’amygdale semble en fait moduler toutes nos réactions à des événements qui ont une grande importance pour notre survie.
Ceux qui nous avertissent d’un danger imminent sont donc des stimuli très importants pour l’amygdale, mais également ceux qui signalent la présence de nourriture, de partenaires sexuels, de rivaux, d’enfants en détresse, etc.

Elle dispose de l’information acquise peu à peu, tout au long de la vie de l’individu, dont les traces s’accumulent dans notre cerveau sous forme de souvenirs, conscients ou non (on peut avoir vécu un événement si traumatisant que l’hippocampe n’en a pas fixé le souvenir mais il reste présent de manière inconsciente au niveau de l’amygdale, cela peut être l’origine d’une phobie).

L’amygdale déclenche également une série de réactions qui impliquent de nombreuses autres structures nerveuses qui lui sont connectées.

Ce sont d’abord les réponses comportementales : les mouvements d’approche ou de fuite, la production de gestes ou de sons exprimant notre état émotionnel.

Ensuite, ce sont les réactions propres du système nerveux végétatif : modification de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque.

Il y a également les réactions du système endocrinien : sécrétion d’adrénaline pour mobiliser l’organisme, ou d’autres hormones, comme la testostérone, qui favorise les comportements sexuels.

En dernier lieu, l’amygdale gouverne les modifications du tonus nerveux général : les changements d’état d’âme, euphorie ou tristesse.

Ces réactions adaptatives sont d’autant plus marquées et visibles que les émotions sont violentes, comme une crise de colère, par exemple.

Mais elles interviennent également en continue dans nos comportements, à une échelle moindre et de manière beaucoup plus discrète, au point de passer inaperçues.

Les modifications physiques déclenchées par l’amygdale sont ensuite perçues par le cerveau, par l’intermédiaire des voies nerveuses et du circuit hormonal.

Antonio Damasio, professeur de neurologie à l’université d’lowa, a montré à quel point ce retour d’information allant de la périphérie au centre est important pour comprendre le mécanisme des émotions et leur participation à la prise de décision chez l’homme.
Selon son expression, le cerveau surveille en permanence le paysage toujours changeant des organes et des viscères.