Protéines CREB et Delta Fos B

CREB est une protéine ubiquitaire, c’est-à-dire exprimée dans toutes les cellules.
Elle agit comme un facteur de transcription qui interagit directement avec l’ADN par sa fixation aux éléments de réponse.

Lorsque les drogues sont régulièrement consommée, elle déclenchent des adaptations progressives dans le circuit de la récompense.

En fait, la consommation répétée de drogues inhibe en partie ce circuit.
L’augmentation de la quantité de dopamine dans le noyau accumbens accélère la synthèse d’une molécule, l’AMP cyclique, qui active ensuite la protéine CREB.

La protéine CREB se lie à l’ADN pour activer des gènes spécifiques.
Ces gènes codent certaines protéines qui inhibe le circuit de la récompense.
La dynorphine, dont les effets ressemblent à ceux des opiacés, est synthétisée dans le noyau accumbens.
La production de dynorphine est contrôlée par CREB.
La dynorphine freine la libération de dopamine au niveau des zones de relations synaptique entre l’aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens.

Elle atténue progressivement la « récompense » procurée par la consommation de drogues.
C’est pourquoi on constate le phénomène de tolérance, le drogué a besoin d’augmenter les doses pour ressentir le même effet que l’injection précédente.
Ce processus physiologique appartient à la catégorie des systèmes de regulation. Cependant, il n’entraîne dans ce cas que des conséquences néfastes.

Un autre phénomène apparaît parallèlement, c’est l’état d’hypersensibilité du système hédonique chez les consommateurs abusifs.
La protéine delta Fos B semble augmenter dans le noyau accumbens si la consommation est chronique.
Cette protéine reste active pendant longtemps (jusqu’à quelques mois) après l’administration.
Des expériences chez les souris indiqueraient que la protéine est liée à la sensibilisation du circuit de la récompense chez l’Homme.
Cette hypersensibilité favorise la rechute dans la toxicomanie après une période d’arrêt, mais aussi toutes sortes de comportements compulsifs face à différents objets stimulant le circuit de la récompense.

La réaction d’un drogués face à un environnement qui lui rappelle une injection est peut-être due à l’apparition d’épines dendritiques, nouvelles ramifications sur les dendrites des neurones du noyau accumbens.
Cette augmentation des connexions conduirait à l’amplification des souvenirs et des pensées liées à la consommation de la drogue.
La protéine delta Fos B serait responsable de ces bourgeons sur les prolongements dendritiques.

Par ailleurs, les autres zones cérébrales dialoguant avec le circuit de la récompense, le complexe amygdalien, l’hippocampe et le cortex frontal, interviennent aussi.
Le neurotransmetteur glutamate est libérée par ces zones lors des relations avec l’aire tegmentale ventrale et le noyau accumbens.
Les drogues perturbent, par un mécanisme mal connu, l’action du glutamate dont la sensibilisation accrue augmente la libération de dopamine par l’aire tegmentale ventrale.
Ce facteur renforce donc les effets évoqués plus haut.